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Est-ce étrange, bizarre ou banal ?

La culture est l’une des choses les plus importantes dans le monde. Pourtant c'est tellement vaste et parfois tellement compliqué de trouver les bonnes informations que nous pouvons nous y perdre, et finir par ne plus prendre le temps de chercher.

Nous avons trouvé qu’il était intéressant de partager, une fois par mois, des artistes et des photographies inspirants, qui mériteraient d’être connus de tous.

L'équipe Grunge News vous présente alors aujourd'hui une remarquable plasticienne américaine : Sandy Skoglund.



Sandy Skoglund naît dans le Massachusetts en 1946. Elle étudie l’art et l’histoire de l’art avant d’obtenir son diplôme en film et multimédia en 1972. Sa carrière d’artiste débute en 1973, lorsqu’elle s’installe à New York et qu’elle commence à s’intéresser à la photographie. Elle devient professeur d’arts à l’université de Hartford de 1973 à 1976 et se fait connaître en 1980 avec ses oeuvres "Radioactive Cats" et "Revenge of goldfish". Ses photographies sont surréalistes. Aujourd’hui elle enseigne la photographie à l’université de Rutgers.


Radioactive Cats, 1980



Le travail de cette artiste est très inspirant par sa démarche artistique et le travail qu’elle fournit pour obtenir ce résultat. Cela prouve que l’art de la photographie ne se trouve pas uniquement dans l’action de prendre le cliché. Avant de réaliser cette action, Sandy Skoglund compose minutieusement des univers imaginaires, avec un espace monochromes, envahi par des objets étranges, des animaux, … Le tout peut donner au spectateur un sentiment anxiogène, oppressant. Ses photos mélangent l’univers coloré et imaginaire des films Disney et l’angoisse des films d’horreurs.

Le plus fascinant, est que l’artiste n’utilise pas de logiciels de montages ! Elle est l'auteure de toutes les phases de la création de l’œuvre. Elle réalise d'abord des croquis, avant de créer les figurines (chats, serpents…) et les décors. L'artiste élabore ensuite un scénario, une histoire pour son cliché et choisit ses modèles (humains), le plus souvent parmi des danseurs professionnels. Son imagination débordante, elle installe enfin sa “chambre”, met en place l’éclairage et enfin déclenche la photo.


Walking on eggshells, 1997


C’est pour ces raisons que Sandy Skoglund se considère comme une plasticienne et non comme une peintre ou une photographe. Elle combine plusieurs formes d’arts pour arriver à un résultat sous format photographique. Effectivement, elle endosse successivement le rôle de scénariste, de décoratrice, de peintre, de sculptrice, de metteuse en scène et enfin de photographe.

L'artiste est inspirée par l’ordinaire, le banal, mais aussi par les peurs qui animent la classe moyenne américaine. Ainsi, elle mélange la réalité et l’artifice, ce qui développe une manipulation intellectuelle sur le spectateur. C’est sur cet effet de fausse réalité que fonctionne toute la démarche de son travail.


L’une des œuvres la plus intéressante de sa carrière est sûrement "Revenge of Goldfish", réalisée en 1981. Cette oeuvre est fascinante, déjà à travers les couleurs, mais surtout par la mise en scène avec les poissons. Elle a un côté très féerique et imaginer tout le travail derrière laisse admiratif.


"Revenge of Goldfish"


Cette photo a été utilisée comme couverture pour une nouvelle allemande, mais aussi par le groupe de musique anglais "Inspiral Carpets" pour l’une de leur pochette d’album, qui porte le même nom que l'œuvre. La "chambre" est composée d’un enfant assis sur le bord d'un lit, avec un adulte qui dort à ses côtés. L'ensemble de la scène est un bleu monochromatique, avec des poissons orange vifs, flottants à travers la pièce et créant un contraste. Les poissons ont été sculptés par Skoglund en terre cuite. Ces éléments apportent une certaine fantaisie à une scène au contexte banal contrairement à son environnement. En effet, sans les poissons, l’oeuvre n’aurait rien d’anormale, si ce n'est pour certains, le choix du bleu pour la peinture. Cela reste subjectif.


En photographiant "Revenge of the Goldfish", Skoglund choisit un angle qui rend les identités des modèles ambiguës pour le spectateur. Cette ambiguïté a suscité de nombreuses interprétations sur le sens de l’oeuvre. Les deux les plus populaires sont soit que l'image symbolise un éveil sexuel ou alors, qu’il s’agit d’un message sur l'homosexualité ou la maltraitance des enfants.

Le plus inspirant dans cette image, c’est le fait qu’elle nous transporte dans un univers complètement différent à celui du quotidien. En l’observant et en essayant de l’interpréter à sa manière, le spectateur est happé dans un monde féerique et anxiogène.


Le travail de Skoglund en général, interroge sur l’importance de la mise en scène dans la photographie et les multiples possibilités que nous pouvons réaliser. Et vous, quel est votre ressenti, votre interprétation de "Revenge of the Goldfish" ?


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