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Le racisme, l'affaire Américaine

Dernière mise à jour : 13 mai 2021

Impossible que vous n’ayez pas entendu parler de George Floyd. Cet afro-américain décédé le 25 mai dernier lors d’une simple interpellation policière. Pour en savoir plus, cliquez ici, sinon, voici un court résumé de la situation.

Lundi 25 mai, George Floyd est arrêté dans la ville de Minneapolis, aux Etats-Unis, pour avoir usé d’un faux billet de banque dans une boutique. 4 policiers blancs l’encerclent et le mettent à terre avec la technique du placage ventrale. Le gardien de la paix Dereck Chauvin pose alors son genou sur le cou de l’homme. Ce dernier suffoque et crie à l’aide tant bien que mal. Il décède d'étouffement quelques minutes plus tard à l’hôpital.

Cet homme est une nouvelle victime du racisme qui règne dans le pays depuis des siècles. Depuis plusieurs jours, le monde entier se soulève, pour demander justice à George Floyd et à toutes les autres victimes d’actes racistes du genre, mais surtout pour défendre l’égalité des droits civiques.

Mais comment le pays considéré comme le plus puissant du monde a-t-il pu atteindre un tel niveau de haine et de violence envers certaines communautés ?


Image du film "BlacKkKlansman" (Crédit : FOCUS FEATURES)

Le racisme aux États-Unis est un phénomène présent depuis l'époque coloniale. Tout commence dès la colonisation espagnole de l'Amérique (1492), avec les voyages de Christophe Colomb à la fin du XV ème siècle. Pour marquer la première arrivée coloniale sur les terres américaines, Christophe Colomb fonde la Navidad. C’est le premier bâtiment colonial du “Nouveau Monde“ et c’est cette construction qui lui vaudra le titre de vice-roi des Indes. Peu après l’arrivée des colons sur le continent américain, le racisme fait son apparition.


Représentation de Christophe Colomb arrivant en Amérique le 12 octobre 1492 (Crédit : © Wikipedia)

Les colons débarquent sur le continent américain et s’approprient les terres de manière violente. Le premier grand territoire à être colonisé est celui des Aztèques, qui se situe dans l’actuel Nouveau-Mexique. Alors que le chef de cet empire se montre accueillant avec les colons, ces derniers imposent leur pouvoir et leur religion (le christianisme). Une guerre se déclare provoquant le début du génocide des natifs américains. Les mouvements coloniaux espagnols en Amérique furent vigoureusement contestés par les populations déjà installés, mais à l'exception du peuple Mapuche, leur résistance s'est avérée impuissante.

Les méthodes des conquistadors sont si violentes que progressivement des populations entières sont décimées. Deux civilisations précolombiennes ont même été totalement exterminées : les Aztèques et les Incas. C’est surtout la supériorité militaire des Espagnols et les prophéties de ces deux civilisations, qui assimilaient les espagnols à des Dieux, qui ont permis aux colons de conquérir ces territoires.

Les pertes démographiques des différentes civilisations furent telles que, la population de l'Empire Inca fut estimée entre 12 et 15 millions d‘individus en 1532 contre moins d’un million un siècle plus tard. La population Mexicaine aurait même été réduite de 90% !

Outre ces massacres, il y avait aussi de la discrimination envers les Américains d’origines. Dès les débuts de la colonisation, un processus de métissage se met en place. Les rapts et viols sont très fréquents, et des mariages forcés (dans la majeure partie des cas) sont organisés. Les conquistadors s'attribuent et se partagent les femmes indiennes tombées en captivité.

Un des premiers à dénoncer ces méthodes inhumaines est Bartolomé de las Casas. Arrivé en 1502, comme colon, il est horrifié par les actions des chrétiens contre les indigènes. Il va jusqu’à abandonner son domaine pour se faire nommer défenseur des Indiens par le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros en 1516. Il se lance alors dans un combat contre les massacres et la maltraitance des survivants. Pour lui, les premières causes de la disparition des autochtones sont les guerres, le travail forcé dans les mines d’or, l’esclavage sexuel, les meurtres et les suicides collectifs pour échapper à la famine et aux mauvais traitements. Il indique que l’ambition de conquête et la soif d’or des colons les poussent à une tyrannie absurde alors que les amérindiens se montrent au départ accueillants et pacifiques.


En 1619 arrive dans un navire hollandais le premier esclave aux Etats-Unis, il est noir et africain. Les premiers arrivés sont systématiquement envoyés pour travailler dans les plantations de Virginie. Ces échanges se développent et arrive donc le Commerce Triangulaire (ou Traite Atlantique). C’est un commerce qui s’étend sur 3 continents : L’Europe, l’Afrique et l’Amérique.


Représentation du Commerce Triangulaire (CC BY-SA 3.0)

Ce commerce consistait à aller en Afrique, kidnapper (ou payer à moindres coûts) des Hommes noirs dans l’objectif de les revendre sur des marchés d’esclaves en Amérique contre des produits locaux. Ces produits pouvaient être du sucre, du café, du coton et même du cacao ! Ces nourritures étaient ensuite ramenées en Europe et étaient destinées aux hautes classes sociales.

A travers ce plan historique, il est clair que l’histoire des pays du continent américain s’est construite sur les bases du racisme et de la suprématie blanche et chrétienne.

Suite à cela, le pays continue de se développer, et avec la guerre de sécession, est mis en place un système basé sur la ségrégation raciale. Ce système fonctionnera avec en partie les lois Jim Crow entre 1876 et 1965. Ces lois représentent l’application légale de la discrimination raciale au sein du pays. Comme l'esclavage, ce racisme est fondé. Effectivement, cette ségrégation se base sur une interprétation de la Genèse 9:25 (dans la Bible), ainsi que sur des doctrines raciales.


En 1896, la Cour suprême légitime cette nouvelle législation en formulant la doctrine “separate but equal“ (« séparés mais égaux »). Ainsi, elle officialise la ségrégation dans les transports en commun, à l’école, dans les toilettes publiques et même à l’église. Les personnes de couleur noires étaient aussi exclues des restaurants, des bibliothèques, des jardins publics (où l'on pouvait lire des pancartes telles que « Negroes and dogs not allowed » : « les Nègres et les chiens ne sont pas admis »), ….






Les Noirs devaient systématiquement s'effacer devant les Blancs. De plus, le système judiciaire les plaçait toujours coupables quel qu’en soit le véritable litige. Un racisme si fort que des milliers de Noirs ont été victimes de lynchage par des Blancs s'autoproclamant des « justiciers ». Parfois ces lynchages se transforment en pogroms (Massacres et pillages des juifs par le reste de la population), et les hommes blancs coupables de ces crimes prenaient même des photos, ils se sentaient protégés par la justice américaine.

En 1919 est perpétré le massacre d’Elaine qui fut le conflit racial le plus meurtrier de l’histoire des Etats-Unis (un Point Culture y sera dédié demain, mardi 9 juin 2020, pour recevoir la notification, inscrivez-vous à notre Newsletter -bouton “LOGIN“ en haut de votre écran-).

Tout ce racisme est alimenté par des groupes tel que le Ku Klux Klan, qui combinent la rhétorique raciste à la xénophobie envers les immigrants, l'antisémitisme, l'anticatholicisme et l'antisyndicalisme. Avec ses discours violents, ce groupe ajoutait l'usage systématique du lynchage et de mises en scènes spectaculaires (croix incendiées dans les quartiers noirs, etc) visant à instaurer un véritable climat de terreur sur la population noire. Des films prônant ce type de pratiques ont même été tournés et présentés au grand public. On peut citer le plus connu d’entre eux, “Naissance d’une Nation“.

Jusqu’au 20ème siècle la discrimination raciale est légalement acceptée aux Etats-Unis et accorde aux Américains blancs des droits et privilèges refusés aux Amérindiens, Afro-Américains, Asio-Américains et aux Latino-Américains. Ainsi, les Euro-Américains sont privilégiés par la loi en matière d'éducation, d'immigration, de droit de vote, de citoyenneté, d'acquisition de terres et de procédure pénale du XVII ème siècle, jusque dans les années 1960. La discrimination raciale officielle est en grande partie interdite au milieu du XX ème siècle et en est venue à être perçue comme socialement inacceptable et/ou moralement condamnable. Ce sont des acteurs tels que Martin Luther King, Rosa Parks, Malcom X, … qui ont permis de faire évoluer les mentalités.


représentation de Martin Luther King, Rosa Parks et Malcom X (Artiste : Andy H)

Cependant, le racisme se reflète encore aujourd’hui dans les inégalités socioéconomiques et emprunte des formes d'expression plus modernes et indirectes. La plus prédominante étant le racisme symbolique. La stratification raciale se perpétue dans les secteurs de l'emploi, du logement, de l'éducation, des prêts bancaires et du gouvernement. Selon de nombreuses ONG qui luttent pour les droits de l’homme, la discrimination imprègne tous les aspects de la vie aux États-Unis et s'étend à toutes les personnes de couleur.


Aujourd’hui, les afro-américains ont 2 fois plus de chances d’être tués qu’un Homme blanc. Un chiffre qui fait froid dans le dos, d’autant plus que les Etats-Unis sont la première puissance mondiale. Le terme de démocratie est alors bafoué à de nombreuses reprises par de nombreux citoyens. Bien souvent les policiers tuent sans prétextes des noirs. Pour contrecarrer ces actes, des mouvements révolutionnaires ont pris de l’ampleur ces derniers temps comme les “Black Panther Party“ avec leurs cris “Black Power“. Considérés par certains comme des radicaux, le mouvement créé en 1966 dénonce notamment la maltraitance policière envers des noirs américains.

Une maltraitance qui a conduit le 25 mai dernier George Floyd à la mort. Depuis cet acte inhumain, des manifestations se multiplient aux Etats-Unis. La majeure partie de la population américaine demande désormais que chaque individu soit traité de manière égale et ce, quelle que soit l’ethnicité.

Les manifestations que nous vivons aujourd’hui ont pris une telle ampleur que le monde se révolte contre ces injustices raciales et les violences policières. Les photographies marquantes ne cessent de tourner sur la toile.

Il y a notamment celle de Deveonte Joseph qui pose dans les rues chaotiques de Minneapolis son diplôme à la main. Grunge News est parvenu à retrouver le photographe, Nathan Aguirre, et l’a interviewé pour vous aux côtés d’un manifestant d’Atlanta. L’interview sera disponible ce jeudi 11 juin.

Photo par Nathan Aguirre de Deveonte Joseph, diplôme en main

Aux Etats-Unis, le racisme est ancré, au-delà des mentalités, dans la terre et l’histoire du pays. Le pays a toujours vécu dans le racisme, dans la discrimination d’une communauté. Des groupes de fanatiques aussi puissants que le Ku Klux Klan sont toujours présents aujourd’hui, des violences sont encore perpétuées sur la communauté afro-américaine ! Est-ce que les manifestations d’aujourd’hui changeront le pays, beaucoup l’espèrent.

Pour finir, Grunge News vous propose de regarder le film “BlacKkKlansman“ de Spike Lee qui compte l’histoire vraie d’un policier noir qui infiltre le Ku Klux Klan à l’époque où David Duke était le Grand Sorcier de Ku Klux Klan.


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