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La conquête de l’ouest, entre mythe et réalité ...

Dernière mise à jour : 22 juin 2021

Véritable légende nationale, la conquête de l’Ouest Américain est la période la plus importante dans le cœur des Américains. En effet, c’est durant cette période de l’histoire que les Etats-Unis d’Amérique ont été créés tels que nous les connaissons aujourd’hui. Grunge News revient sur cette période de l’histoire si singulière, pour démêler les mythes de la réalité. Alimenté par les films/séries et jeux-vidéos, notre imaginaire collectif voit souvent un portrait cliché de la conquête de l’Ouest et de ses cow-boys / Indiens. On vous déconstruit ainsi quelques-uns de ces mythes au profit de votre savoir …


Image du film "Django Unchained" (crédit : Columbia Pictures)

La conquête de l’Ouest commence dès le début du XIXème siècle, avec les colons américains, qui se dirigent vers l’océan Pacifique, considérant ces immenses territoires comme leur “destinée manifeste“. Le ralliement à ces nouvelles terres, permet l’installation de millions de colons blancs, surtout européens, à la recherche d’une vie plus riche et plus confortable que celles qu’ils occupaient dans leur passé. Seulement, l’installation de cette nouvelle population et la création des Etats-Unis, va entraîner le génocide des populations autochtones déjà présentes depuis des milliers d’années sur le territoire américain.


En effet, cet âge doré pour les colons blancs, symbolise la disparition de milliers de peuples autochtones qui sont tués / torturés, etc, pour laisser place aux nouveaux arrivants, plus riches et mieux armés. La conquête de l’Ouest n’est donc pas l’histoire d’une simple conquête de territoire, mais aussi une histoire de violence et de sang.


La conquête de l’Ouest commence véritablement en 1803, lorsque la France vend le territoire de la Louisiane aux Etats-Unis, suivi en 1819 par l’Espagne, qui s’offre la Floride. Au fil des années de nombreux pays rachètent des parties du territoire américain, notamment le Texas par le Mexique en 1845, ou encore la Californie… Ces rachats de territoire vont peu à peu fonder les États des Etats-Unis d’Amérique tels que nous les connaissons aujourd’hui. La frontière avec le Canada est créée quant à elle, en 1849.


Capture d'écran du site "www.mathieuughetti.com" retraçant l'histoire en cartes de la conquête de l'Ouest

Le génocide Indien


La tragédie indienne débute donc en même temps que le début de la colonisation. Avant la conquête des territoires par les colons blancs, le territoire américain était peu peuplé proportionnellement à sa grande surface : environ 1 million d’autochtones répartis sur tout le territoire à travers un certain nombre de tribus. Lors de leur installation en Amérique, les colons expulsent les tribus natives de leurs terres (voir ici pour plus de détails sur l'histoire des Etats-Unis). En 1830, le gouvernement américain (composé de colons) vote le “Indian Removal Act”, qui permet l’expulsion des Indiens de leurs terres d’origines dans le Sud-Ouest du pays, vers le Mississipi, nommées “Terre des Indiens“ par les colons. Durant cette migration, des centaines d'autochtones ne vont pas survivre, nommant ainsi la route de ce périple forcé “la route des larmes”.

The Lost Trail de Charles Ferdinand Wimar-1856 © Museo Nacional Thyssen-Bornemisza

Les agriculteurs européens expulsent les Indiens de leurs terres afin de cultiver celles-ci. Lors de la construction de la ligne de chemin de fer transcontinentale, la fierté américaine prend une nouvelle dimension et avec elle, le génocide de ces populations s’accélère. Avec l’engouement de la ruée vers l’or et de la modernité de cette ligne de train, des milliers de colons affluent de toute l'Europe, s’installant dans les réserves dédiées aux populations natives américaines. De nombreux combats vont avoir lieu entre les deux camps, notamment avec le peuple Sioux, qui est l’un de ceux à avoir résisté le plus longtemps à l’invasion des colons. Le gouvernement tente même de se rendre dans les réserves, pour convertir de force au catholicisme les tribus restantes, afin de leur faire retrouver “le bon chemin“ et de les “intégrer dans l’expansion du pays“. A la fin de la conquête de l’Ouest, lors de l’abolition, en 1890, de la frontière occidentale, il ne reste plus que 200 000 Indiens sur le territoire américains. Alors oui, l'Amérique avait été conquise, mais à un prix humain très cher…



La ruée vers l’or


La ruée vers l’or fait elle aussi partie intégrante de la conquête de l’Ouest et du continent américain. Elle débute en 1848 avec la découverte d’or par un mineur, dans un ruisseau en Californie, près de la future ville de Fort Sutter. La nouvelle se répand très rapidement et est même relayée par le président américain de l’époque, James K. Polk. Cette découverte entraîne un engouement énorme dans le pays et plus de 100 000 personnes, surtout de jeunes hommes, partent à la “ruée vers l’or“. Tous cherchent ce matériau précieux dans l’espoir de devenir riche et d’atteindre cette vie meilleure qu’ils attendent depuis leur arrivée sur ce “nouveau“ continent.

Des milliers de personnes affluent par voie terrestre et maritime sur le continent américain pour tenter de découvrir de l’or. Cependant, le rêve ne devient réalité que pour une maigre poignée de ces chercheurs. De cette manière, des dizaines de villes minières voient le jour autour des fleuves et autres points de récolte. Les hommes vivent dans des conditions très difficiles ; entre criminalité, manque d’hygiène et épidémie, plus de 10 000 d’entre eux y laissent leur vie. Ces villes sont si dangereuses qu’on leur donne des surnoms tel que “le territoire de l’enfer“. Ces villes sont pourtant abandonnées dès la fin de la conquête de l’Ouest. Au début du XXème siècle, il existe alors un grand nombre de villes fantôme à travers le pays.


Ruée vers l'or (crédit : BRIDGEMAN IMAGES)

Les États-Unis devient donc un pays qui se développe très rapidement, notamment grâce à sa première ligne de train transcontinental, ses richesses du territoire et ses millions de réfugiés (politique) qui viennent y vivre pour travailler et vivre “l’American Dream“. Le pays se développe tellement vite qu’il devient la première puissance économique mondiale en 1910, et compte plus de 90 millions d’habitants.


Attardons-nous désormais aux mythes du Far West qui nous entourent mais qui sont pourtant complètement fou !


Mythe 1 :

Les villes des cow-boys n’étaient pas dangereuses !


C’est un fait surprenant et pourtant, ces villes étaient bien moins dangereuses que celles de nos jours. Leur géométrie était plus ou moins la même à chaque fois ; une gare avec des milliers d’animaux, des hôtels et bars réservés d’un côté et de l’autre, dans une partie plus reculée, un coin davantage dédié aux activités de débauche. On y retrouvait des saloons ou l’on pouvait boire et fumer sans problème à condition de venir sans arme, des prostituées, des salles de jeux, … Ainsi, grâce à une organisation stricte de ces villes et des shérifs qui savaient faire régner l’ordre (avec des agences de sécurité privées), on compte, entre 1867 et 1890, “seulement“ 55 homicides dont 1 cow-boy.



Mythe 2 :

Les cow-boys étaient pauvres et respectaient certaines règles …


Et oui ! Les cow-boys ne faisaient pas partie des hautes classes de la société et c’est même tout l’inverse. Ces hommes travaillaient bien souvent pour différents ranchs et étaient en réalité des salariés agricoles nomades. Une vie rude où il était compliqué de se faire une place importante. Le métier s’est répandu dans la seconde moitié du XIXème siècle et on n’en comptait environ que 35 000 dans le l’Ouest Américain.




Mythe 3 :

Les duels, une légende !


Il était effectivement rare de se retrouver témoin d’un duel au Far West. Pourquoi sont-ils si populaires alors ? Simplement grâce à un événement qui a fait basculer la vie de 2 joueurs professionnels. Nous sommes en juillet 1865 à Springfield, dans le Missouri, Wild Bill Hickok et Davis Tutt sont deux grands joueurs d’argent et après une partie où Hickok remporte 200$ environ, Tutt lui rappelle qu’il lui doit 35$. Hickok refuse de lui verser la somme et à partir de cet instant, l’histoire s’envenime. Tutt vole la montre en or de son ennemi et dit la garder en garantie de retrouver ses dollars, ce qui humilie Wild Bill.

Wild Bill Hickok (Domaine Public)

Le lendemain, le 21 juillet, après discussions et tentatives de négociation, les deux hommes se retrouvent vers la place publique et se fixe du regard, prêt à dégainer leur arme. On assiste là à un duel historique. Les tirs sont échangés au même instant, une balle touche Tutt qui meurt peu de temps après tandis que celle destinée à Hickok a manqué sa cible de peu. Le vainqueur du duel est acquitté le 6 août 1865, son histoire fait le tour des journaux de l’époque (premier article publié à ce sujet en 1867) et sa personne deviendra légendaire puisqu’elle inspirera les produits culturels de notre époque et donc notre imaginaire collectif.






Vous pouvez désormais vous en douter mais Red Dead Redemption n’est donc qu’une histoire couverte de clichés, tout comme la plupart des films et séries du genre. Bref, parfois notre imaginaire collectif est bien plus séduisant que la réalité, c'est aussi pour cette raison que nous voulions rédiger cet article. Un article qui permet à ce jour d'enrichir la collection de lectures américaines déjà présentes sur Grunge News ...



 
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