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Drogue, vaccin ; Enquête dans l'enfer des cartels mexicains...

Dernière mise à jour : 1 févr. 2021

La guerre de la drogue au Mexique ; un conflit opposant les cartels mexicains et l'Etat mexicain depuis désormais de nombreuses années. Dans le pays où la drogue est reine, l'équipe Grunge News a enquêté, pour vous, sur la situation. Effectivement il était important d'aborder ce sujet car avec l'arrivée du vaccin contre la COVID-19, l'Etat craint de multiples attaques des organisations criminelles mexicaines. Des attaques qui pourraient se traduire par de véritables bains de sang afin de dérober les précieuses fioles de guérisons. C'est pourquoi nous vous analyserons dans cet article la situation actuelle puis nous vous résumerons l'origine / l'histoire de cette guerre qui fait rage au pays du soleil ...


Les cartels mexicains : La menace qui plane sur les vaccins contre la covid-19 :

Domaine public

Le Mexique fait face à un défi crucial : en plus des problèmes logistiques qui peuvent apparaître lors de la diffusion du vaccin COVID-19 dans le pays, qui a débuté le 24 décembre, le cabinet de sécurité a envoyé une alerte dans tout le pays, mettant en garde les autorités de l’activité possible des Organisations criminelles disposé à faire des affaires avec le vaccin.

En effet, le 11 décembre, les autorités mexicaines sanitaires ont approuvé la mise sur le marché du vaccin de Pfizer-BioNTech. Depuis, le pays a lancé une campagne massive de vaccination, devenant le premier pays d'Amérique latine à vacciner sa population. Le Mexique a acheté 34 millions de doses des vaccins américains et allemands. Son efficacité à lancer la vaccination est dû au fait qu’il est le 4ème pays le plus touché au monde par la COVID-19 et que ses hôpitaux s’approchent de la saturation dans certaines zones.

L’objectif des autorités est de réussir à vacciner la majorité de la population (de plus de 18 ans) d’ici un an, en commençant par le personnel de santé, les personnes les plus âgées et les habitants de Mexico, où les hôpitaux saturent à l’approche de la deuxième vague.

Le pays fait pourtant face à des problèmes logistiques, pouvant mettre en péril le bon déroulement de la campagne. Déjà, l’armée a été contactée pour apporter son aide au pays. En effet, le Mexique a décidé de distribuer le vaccin gratuitement à travers son système de santé, mais nécessite l’aide de l’armée pour aider à la logistique de cette distribution, notamment pour maintenir la chaîne du froid et ainsi assurer l’efficacité du vaccin. Ensuite, le pays reste dépendant des laboratoires Pfizer et BioNTech qui alimentent le pays.


Photo du 10 novembre 2020 (REUTERS : Dado Ruvic)

Au-delà des problèmes logistiques, c’est la menace des cartels mexicains qui plane sur le pays mais surtout sur les vaccins contre la COVID-19. En effet, les autorités se méfient de l’intérêt que les cartels pourraient porter au vaccin. Ils pourraient tenter de s’infiltrer ou briser la chaîne de distribution, pour les voler et les revendre au marché noir, notamment sur le Dark Web.

CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DU DARK WEB

Interpol a publié un avis, prévenant que des vols de vaccins pourraient avoir lieu en bande organisée sur les routes, devenues des points stratégiques pour les vols de tout genre, depuis le début de la COVID-19, lié à un manque évident de surveillance.

Au Mexique, des organisations criminelles ont copié les logos de Pfizer (société en charge de la distribution du vaccin contre le coronavirus) pour arnaquer des personnes pensant avoir contracté la maladie. Les autorités ont aussi saisi 12 000 faux tests de détection du COVID, provenant des États-Unis et ayant traversé la frontière dans un camion à double fond, semblable à ceux utilisés par les cartels pour cacher des armes et des drogues. Plusieurs cartels sont déjà soupçonnés par les autorités d’être au cœur des nouveaux trafics liés au virus. Il est donc indispensable pour le Mexique de protéger la distribution de vaccin, et de redoubler de vigilance, pour lutter contre les trafics.


Pour mieux comprendre cette actualité, il est important de revenir sur l’histoire des cartels mexicains.




pavot à opium (crédit : @UberLost)

Revenons alors au 19ème siècle. Alors que les immigrés Chinois arrivent en nombre aux Etats-Unis, ils ne sont absolument pas acceptés dans la société américaine. Pour cause (entre autres), il y a l’opium qui est un opiacé rendant addict autrui et ce, dès les premières prises. Cette drogue chère aux yeux des Asiatiques à cette époque a déjà provoqué de multiples conflits (cf : Article sur l'histoire d'Hong Kong ).

C’est seulement quelques décennies après l’explosion de consommation de cette substance (après la guerre de Sécession) que la loi “Smoking Opium Exclusion Act“ est actée, en 1909. Cette dernière interdisait tout américain de fumer l’opium.

C’est le début du combat Etats-Unis – Drogues …


La société américaine évoluant, de nouvelles lois/amendements censées stopper la consommation d’alcool / drogues, sont adoptées. L’amendement connu de tous est sûrement celui de la prohibition. La prohibition désigne la période (1920 – 1933) durant laquelle la fabrication, la vente, le transport, l’importation et l’exportation de toutes boissons alcoolisées était interdit. De cette manière de nombreux gangsters ont émergé et passaient par des chemins triviaux pour passer outre cet amendement. Pour n’en citer que quelques-uns : Al Capone, Mickey Cohen, Bugsy Siegel (cf : Point Culture sur Bugsy).


à gauche : Al Capone / à droite : Bugsy Siegel (Sources : Histoire des gangs de Chicago / New York Police Department ; domaine public)


Malgré tout, le marché de la drogue va connaître un nouvel essor aux Etats-Unis avec la guerre du Vietnam et le mouvement Hippie, dans les années 60. L’usage en est principalement récréatif et les substances sont distribuées par la mafia Italienne implantée dans le pays et par un certain Pedro Avilés Pérez … Tandis que la mafia s’occupe du marché de la cocaïne, de l’héroïne mais aussi de marijuana, le narco-trafiquant mexicain, lui, se concentre principalement sur une drogue ; la marijuana.


Pedro Aviles Perez (Image NC)

C’est lui qui va réellement marquer le point de départ des cartels de drogues mexicains. C’est aussi le premier à faire entrer de la drogue aux Etats-Unis par avion ! Mais c’est alors qu’il débute sérieusement sa carrière de narco-trafiquant qu’il fait la rencontre d’un jeune homme de la police fédérale mexicaine. Celui-ci n’hésite pas à devenir l’homme de main de Pedro Avilés Pérez. Il va pouvoir ainsi apprendre le “métier“ de narco’ et obtenir divers contacts … Le nom de ce, maintenant, ex-policier : Miguel Angel Felix Gallardo ! Si vous deviez ne retenir qu’un nom cité dans cet article, ce serait sûrement celui de Mr.Gallardo.

Evoluant donc dans un milieu de drogues, d’armes, de violences il devient progressivement un pilier dans l’organisation. Ses divers contacts dans le monde de la politique lui permettent de prendre toujours plus de pouvoir sans être pénalisé.


A la mort de son mentor, Pedro Pérez, en 1978, il prend sa relève et change la face du marché de la drogue. Stratège, il remarque que si les différents cartels mexicains restent nichés sans collaborer, cela amènerait plus rapidement les agents de la DEA (entre autres), à démanteler le réseau actuel.


Rappelons que la DEA (Drug Enforcement Administration) est une agence fédérale américaine fondée par Richard Nixon en 1973. Son objectif est de lutter contre le trafic et la distribution de drogues aux Etats-Unis. De cette manière il était essentiel d’implanter des agents de la DEA au Mexique, véritable plaque tournante de ce marché noir.

Une du © Time Magazine

Il a donc l’idée de créer une véritable organisation réunissant différents cartels mexicains. C’est cette dernière qui va devenir le populaire cartel de Guadalajara.

Le groupe comprend des membres de première importance. On y retrouve El Azùl, les frères Arellano, Pablo Acosta Villarreal mais aussi le futur grand baron de la drogue, El Chapo !

Ceux-ci assistent alors à la chute de l’empire de Felix Gallardo dans la fin des années 80. Suite à une affaire d’enlèvement d’un agent de la DEA (celle de l'agent Enrique Camarena en 1985), le baron de la drogue voit son empire se réduire en poussière. Sa traque va même pousser la DEA à lancer une opération spéciale pour venger Camarena mais aussi pour en finir avec Gallardo (l’Opération Leyenda). C’est dans ce contexte que chacune des organisations de son cartel de Guadalajara le lâchent.

Arrêté le 8 avril 1989, il est incarcéré et entraîne dans sa chute de nombreuses grandes popularités du monde politique mexicain avec qui il avait des contacts.


Miguel Angel Felix Gallardo, en 2005 (HO / PGR / AFP)

Suite à cet évenement, le cartel de Sinaloa devient l’organisation mexicaine la plus importante. A sa tête, El Chapo ! De nombreux cartels viennent rejoindre celui du baron Joaquín Guzmán (de son vrai nom) et tous ensemble, ils produisent, vendent et transportent diverses drogues (principalement de l’héroïne et de la marijuana).

Pendant de nombreuses années les autorités resteront sans pouvoir atteindre le chef. Quand il était mis en prison, il s’évadait automatiquement. Dangereux comme personne il se construit progressivement un empire de la drogue. En 2003, il était considéré par les Etats-Unis comme le “ trafiquant le plus dangereux du monde“.

Cité à de nombreuses reprises dans le magazine Forbes pour être l’une des personnalités les plus influentes au monde, il a aussi une fortune estimée à plus de 12 milliards de dollars en 2019.


Une des multiples arrestations d'El Chapo © Photo . RONALDO SCHEMIDT AFP

Il est finalement arrêté (une nouvelle fois) le 8 janvier 2019 dans sa résidence et est extradé dans les jours qui suivirent aux Etats-Unis. Le 17 juillet 2019 Joaquín Guzmán est condamné par le tribunal de New-York à la prison à perpétuité ainsi que 30 années supplémentaires. Il réside désormais sous les barreaux de la prison de haute sécurité d’ADX Florence au Colorado.

Cet homme représente pourtant encore aujourd’hui un exemple pour de nombreux citoyens mexicains. Effectivement il n’est pas rare de voir des tombes avec des statuettes du baron au Mexique.

Aujourd’hui, même sans El Chapo, la guerre de la drogue au Mexique fait rage et tue chaque jour des centaines de personnes. En 2017 près de 20 000 morts liés aux narco-trafiquants sont à déplorer au Mexique.


La guerre de la drogue au Mexique gangrène depuis des décennies le pays et n’est sûrement pas prête de se finir. Un des actuels grands barons de la drogue au Mexique est El Mencho. Ce dernier qui a relayé en juillet 2020 une vidéo de propagande sur les réseaux sociaux où armes, véhicules blindés et tenues militaires sont mises à l’honneur. Avec l’arrivée du vaccin contre la COVID-19, les escroqueries et violences sont plus importantes encore. Quand cette guerre finira-t-elle ? Quand la demande en drogue s’essoufflera pouvons-nous penser …


Vidéo de propagande d'El Mencho



 
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